
Pour comprendre son cycle menstruel, il ne faut pas se limiter à observer les règles et la durée totale du cycle.
En effet, même si les règles sont un signe visible du cycle, elles ne sont pas un signe fiable de la santé du cycle. Si l’on devait résumer le cycle menstruel en une seule phrase, ce serait celle-ci :
À chaque cycle, le corps de la femme libère un ovule, et l’utérus se prépare à l’accueillir s’il devait être fécondé.
Le mot clef est donc l’ovule, et le moment clef du cycle est l’ovulation.
On parle d’ailleurs aussi de cycle ovarien, car tout commence au niveau des ovaires.
Les règles ne sont donc pas un point de départ, mais la conséquence de ce qui s’est déroulé en amont, notamment de l’ovulation.
Saviez-vous qu’avoir des saignements réguliers chaque mois ne signifie pas forcément que le cycle est en santé — ni qu’il est fertile?
Regardons cela de plus près.
Les règles : un signal de nouveau cycle, rien de plus
Les menstruations correspondent à l’élimination de la muqueuse utérine (endomètre) lorsqu’il n’y a pas eu de grossesse. Elles indiquent qu’un nouveau cycle commence puisque le dernier n’a pas engendré la vie.
Sur le plan hormonal, les règles sont provoquées par la chute de la progestérone, lorsque le corps jaune se dégrade en l’absence de fécondation. L’endomètre, préparé pour accueillir un éventuel embryon, se détache alors et est évacué.
Les règles nous disent qu’il n’y a pas de grossesse, mais elles ne confirment pas que l’ovulation a bien eu lieu. C’est pourquoi se fier uniquement aux menstruations pour évaluer la santé hormonale est souvent insuffisant.
L’ovulation : le véritable cœur du cycle menstruel
Le point central du cycle menstruel, c’est l’ovulation.
À chaque cycle, les ovaires préparent une vingtaine de follicules. Un seul atteindra sa maturité et libérera un ovocyte sous l’action de l’hormone LH.
Même si l’ovule ne sera pas forcément fécondé, une bonne ovulation permet une production adéquate de progestérone, une hormone qui influence directement le système nerveux, l’humeur et le sommeil.
La progestérone est une hormone apaisante.
En cas de manque, la femme peut se sentir plus irritable durant la deuxième moitié du cycle, même si les règles sont régulières.
Le saviez-vous?
- Une femme sous pilule contraceptive n’ovule pas. Les saignements observés sont des saignements de privation hormonale, et non des règles issues d’un cycle physiologique. Le cycle est donc mis en pause, même si l’illusion de régularité demeure.
- La progestérone est à son maximum au jour 7 après l’ovulation. Le dosage sanguin doit donc être réalisé à ce moment-là, d’où l’importance de savoir quand on ovule.
Comment observer l’ovulation ?
Plusieurs indicateurs fiables permettent d’observer l’ovulation :
- la température basale (prise au réveil, avant de bouger)
- l’évolution de la glaire cervicale, plus fluide et transparente autour de l’ovulation
- pour les plus expérimentées, la position du col de l’utérus
Ces observations s’apprennent, notamment avec des approches comme celle de Serena Québec, qui enseigne la symptothermie.
La montée des œstrogènes : une étape clé du cycle
Avant l’ovulation, les œstrogènes augmentent progressivement. Ils sont sécrétés par les follicules ovariens.
C’est la forte concentration d’œstrogènes qui exerce un rétrocontrôle vers le cerveau et provoque un pic de l’hormone LH. La LH va lutéiniser le follicule dominant, qui se rompt et libère son ovocyte : c’est l’ovulation.
Cette montée hormonale influence bien plus que la fertilité.
Durant cette phase du cycle, sous l’influence des œstrogènes, on se sent souvent plus motivée, énergique, sociable et en confiance.
Le cycle menstruel comme indicateur de vitalité
Le cycle menstruel est un véritable outil d’observation de la santé féminine.
Observer ses différentes phases permet de mieux comprendre ce qui se passe dans le corps.
Attention aux applications qui prédisent l’ovulation sans tenir compte des signes corporels.
L’ovulation n’a pas toujours lieu au jour 14, ni au milieu exact du cycle.
Les quatre phases du cycle menstruel
- Menstruations : 2 à 8 jours
- Phase folliculaire (pré-ovulatoire) : montée des œstrogènes, durée variable (en moyenne 16 jours)
- Ovulation
- Phase lutéale (post-ovulatoire) : hausse de la progestérone, durée stable chez une même femme (11 à 16 jours)
À savoir : si la phase lutéale est plus courte que 11 jours, cela signifie que le corps jaune s’atrophie trop tôt et que l’ovulation n’a pas été de bonne qualité.
En conclusion
Suivre son cycle ne se résume pas à attendre les menstruations.
Les règles sont un signal visible, mais elles ne garantissent ni un cycle fertile, ni un cycle en santé.
Comprendre l’ovulation et la dynamique hormonale permet une vision beaucoup plus juste de la santé féminine.
Le cycle menstruel est un signe vital à observer.

